Porter son enfant

Le portage traditionnel (l’écharpe, le "tonga" d’Amérique du sud, le porte-bébé chinois, le podeagi, le pagne africain … ) existe depuis la nuit des temps et dans toutes les cultures. Sa force vient de sa simplicité, son confort, son ergonomie (l’enfant garde une position naturelle) et son efficacité.

Nous savons aujourd’hui que le nourrisson n’est plus un simple "ventre" qui crie, mange et dort. En effet le bébé, et ce depuis sa naissance, a besoin de beaucoup de contacts*.
Plus il a de stimuli, plus son cerveau va se développer rapidement. Ces contacts rassurants lui donnent donc de la confiance en ce qui l’entoure et en ses propres capacités (sensorielles et motrices).

Porter son enfant permet justement ce contact. Le tout-petit sent la chaleur, l’odeur, entend la voix et le cœur de ses parents et est balancé au rythme de leurs pas. Tout ceci renforce le lien bébé/parents et ainsi crée un profond attachement. Les parents se sentent eux-mêmes beaucoup plus confiants car ils répondent immédiatement aux besoins du bébé surtout dans les premiers mois.

Ceci implique bien d’autres bienfaits et avantages.
L’enfant porté, parce qu’il reçoit une réponse à ses besoins, pleure moins, s’endort plus facilement.
L’enfant porté peut téter à volonté car cela devient facile et discret pour sa maman partout où ils vont ensemble.
Porter son enfant n’entrave pas les mouvements et donc permet une plus grande mobilité.
Porter son enfant est un remède contre les coliques ("massage" du ventre et position adéquate) et la dysplasie de la hanche (position jambes écartées).

Pour finir, porter son enfant est une formidable sensation de bien-être de part et d’autre. Grâce à cela le bébé se développe au mieux et tendra à une réelle autonomie.


*  "Un nourrisson qui s’éveille commence à pleurer seulement lorsque, après avoir émis un bref son pour se faire remarquer, il ne perçoit aucun signe de présence de la part de ses parents (Morath, 1977). Ce besoin de présence ou d’un signe de présence de la part de la personne qui prend soin de lui se manifeste plus souvent que les parents ne peuvent le comprendre car rien d’inquiétant ne semble entourer le nourrisson. Mais ce qui l’inquiète ce sont le silence et la solitude, ce qui n’est rien d’anormal et d’angoissant pour les petits nidicoles des oiseaux. Le nourrisson n’est pas un nidicole par nature, comme le suggère Portmann (1944/69), mais notre société a fait de lui un nidicole "culturel" (Peiper, 1950, 1955, 1961). Du point de vue de la biologie du comportement, le nourrisson manifeste toujours son appartenance au type petit marsupial, ce qui est établi de par son besoin de présence de la personne qui prend soin de lui. La capacité du nourrisson de continuer à dormir profondément en dépit de fortes seccousses et d’un entourage bruyant prouve l’effet rassurant des changements de position qui signalent la présence de la personne qui prend soin de lui. Cela explique les prédispositions comportementales que montre le petit marsupial dont la vie dépendait pendant toute l’évolution des espèces de la présence de sa mère."

Extrait de la thèse de doctorat préparé par Dr. Evelin Kirkilionis, Université de Freiburg

A propos du fœtus :

"… ainsi le futur être humain, cet être en formation, vit dans un état de globalité, de plénitude où tout est assuré, tout est là, tout est avec lui et en lui. il est dans un monde parfait et constant où tout est pour lui…"
"… pour un nouveau-né, il va lui falloir s’acclimater à la vie dans un autre monde. son corps s’accommode facilement […] mais l’esprit du fœtus, qui a connu la totalité originelle d’où il est issu et dont il est brusquement arraché, "crie" sa peur (ou sa révolte) de perdre son monde originel. …"
"… c’est la mère qui va instaurer une continuité, une cohérence entre les deux mondes. elle peut montrer le chemin, […] et c’est la sensorialité qui va ouvrir les portes. Les sens indiquent une présence. Par la mère et contre elle, peau contre peau, le nouveau-né va retrouver le toucher, l’enveloppement, les odeurs, les goûts …"

Extrait tiré du texte "Le regard du naissant" écrit par le Dr Marc Pilliot Pédiatre - Président de la CoFAM (clinique Saint-Jean de Roubaix label "Ami des Bébés" en mai 2002)